Les unités de travail à couvrir dans une boucherie
L'article R.4121-1 impose que l'évaluation comporte un inventaire des risques « dans chaque unité de travail ». C'est le point sur lequel un DUERP générique est le plus souvent pris en défaut : il liste des risques sans jamais dire où ils se produisent.
Dans une boucherie-charcuterie artisanale, le découpage habituel est le suivant :
1. Réception et réserve
Déchargement des carcasses et des colis, contrôle à réception, stockage en réserve sèche. Manutention de charges lourdes, circulation d'engins, port en zone de passage, sols parfois détrempés.
2. Chambres froides positive et négative
Stockage, entrée et sortie de pièces, décrochage des quartiers. Exposition au froid, écarts de température répétés, condensation au sol, risque d'enfermement, port de charges en position contrainte.
3. Laboratoire de découpe et désossage
Découpe, désossage, parage, hachage, tranchage. C'est l'unité qui concentre les risques les plus graves : couteaux, scie à ruban, hachoir, trancheur, gestes répétitifs, station debout prolongée.
4. Laboratoire traiteur et cuisson
Préparations chaudes, rôtissoire, fumoir, friteuse, plaques. Brûlures, projections, fumées de cuisson, manipulation de contenants chauds, risque incendie.
5. Boutique et vente
Service au comptoir, encaissement, réassort de vitrine. Station debout permanente, gestes répétitifs en position penchée, relation client, manipulation d'espèces, exposition aux courants d'air froid de la vitrine.
6. Nettoyage et plonge
Lavage des matériels et des sols, désinfection. Produits chimiques concentrés, sols glissants, manipulation d'éléments coupants au lavage — une part importante des coupures graves survient pendant le nettoyage des machines, pas pendant la production.
Une boucherie sans activité traiteur peut fusionner les unités 3 et 4. L'essentiel est que le découpage retenu corresponde à l'organisation réelle du magasin, et non à un modèle recopié.


